posté le 09-09-2013 à 10:45:50

Des milliers de Tunisiens manifestent pour la chute du gouvernement

Vente saly

Plusieurs milliers de Tunisiens ont manifesté samedi soir au Bardo, près de Tunis, pour réclamer la chute du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda, quarante jours après l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi.La foule s’est rassemblée à Bab Saadoun aux portes de Tunis, avant de défiler jusqu’à la place du Bardo, devenue théâtre de protestations quasi permanentes depuis la mort du député, le 25 juillet.

 

« Le sang a coulé, plus de légitimité pour Ennahda », « Brahmi martyr, sur tes pas nous marcherons », « A bas les oppresseurs du peuple, à bas la bande des Frères », a scandé la foule, référence aux liens entre Ennahda et les Frères musulmans en Egypte.

 

La famille de M. Brahmi et les proches de Chokri Belaid, un autre opposant de gauche assassiné en février dernier ont pris la tête de la marche, soigneusement encadrés par la police.

 

De nombreux manifestants brandissaient des drapeaux tunisiens et des portraits de Mohamed Brahmi, dont l’assassinat a plongé la Tunisie dans une profonde crise politique.

 

Le meurtre des deux opposants a été attribué par les autorités à des salafistes jihadistes liés à Al Qaida, qui ne les a pas revendiqués.

Certains de leurs proches accusent Ennahda d’être responsable des deux assassinats, ce que dément régulièrement le parti islamiste.

 

La veuve de Mohamed Brahmi a fait savoir que les représentants du gouvernement étaient indésirables aux cérémonies commémoratives, et a appelé à la chute du gouvernement.

 

Le Front du salut national (FSN) qui chapeaute le mouvement de protestation a affirmé que la date symbolique du 40e jour depuis le décès de Brahmi –qui marque la fin du deuil– signifiait une « nouvelle étape de mobilisation » pour la chute du cabinet et la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC).

 

« Nous allons mettre la pression et mobiliser les régions, plus de dialogue jusqu’au départ de ce gouvernement », a déclaré à l’AFP Samir Ettaieb, député dissident et dirigeant de gauche.

 

L’opposition exige la démission du gouvernement, et certains réclament également la dissolution de l’ANC, dont les travaux ont été suspendus après son boycott par plusieurs députés.

 

Les islamistes ont rejeté ces revendications, proposant à la place d’élargir la coalition au pouvoir, et d’organiser des élections le 17 décembre.

 

Favorable à la chute du cabinet, mais opposée à la dissolution de l’ANC, la centrale syndicale (UGTT) a mobilisé pour le rassemblement et tente une médiation laborieuse entre Ennahda et la coalition d’opposition, allant de l’extrême gauche au centre droit.

 

Beji Caïd Essebsi, le chef de Nidaa Tounes, principal rival d’Ennahda, a affirmé son engagement avec le FSN « pour sortir la Tunisie de l’ornière » et « dévoiler les commanditaires de l’assassinat de nos martyrs », a-t-il martelé en direction de la foule.

 

Le chef du Parti de Gauche français, Jean-Luc Mélenchon a fait le déplacement à Tunis pour rendre un hommage posthume à Mohamed Brahmi. Une place et une avenue lui ont été dédiées à la cité El Ghazala, près de son domicile, là où il avait été abattu de 14 balles tirées à bout portant.

 

Source AFP

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Écrit par  Moussa Ndiaye Publié dans International samedi, 07 septembre 2013 23:34

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posté le 09-09-2013 à 10:44:28

798 milliards FCFA empruntés au sein de l’UEMOA

Vente saly

Le montant total de la dette contractée (intérieure) par le Sénégal au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest- Africaine (UEMOA) se chiffre à 798 milliards de Fcfa, alors que le volume de la dette extérieure s’est chiffré à 2.227 milliards de Fcfa, selon la division de la dette relevant de la direction de la comptabilité publique et du trésor.

 

De 2001 à fin août 2013, le prote feuille de la dette du Sénégal reste dominé par les bons de trésor. Ainsi, le nombre de ces titres publics émis sur le marché intérieur a été estimé à 40 émissions de bons du trésor par adjudication, alors que durant cette période, le Sénégal a effectué 17 émissions d’obligations du trésor par adjudication, et 5 obligations du trésor par appel public à l’épargne (Ape), soit au total 62 émissions de titres publics effectuées au sein de l’UEMOA.

 

Selon des responsables de la direction de la comptabilité publique et du trésor, le Sénégal a beaucoup usé des bons de trésor. Ainsi, à fin décembre 2012, la dette publique du Sénégal s’élevait à près de 3.070 milliards Fcfa, soit 42,9 pc du Pib.

 

C’est dire que le portefeuille du Sénégal demeure confronté à des risques notamment, le taux de change libellé en devise, le taux d’intérêt lié aux coûts, surtout de la dette domestique qui est beaucoup plus chère que la dette extérieure, précise-t-on de même source, qui ajoute à ces facteurs de risque le coût de refinancement, qui pèse énormément sur les finances publiques et la trésorerie du pays.

 

Afin de diminuer le risque de refinancement, les responsables en charge de ce secteur ambitionne d’agir en sorte que le portefeuille soit composé de moins en moins de dettes de court terme. Leur démarche consiste à œuvrer dans le sens à ce que le portefeuille de la dette au Sénégal soit dominé par des instruments de plus long terme, qui sont plus faciles à rembourser.

 

Ces experts tiennent à rappeler que pour que la dette continue d’être viable et que le risque de refinancement soit minimisé, le gouvernement sénégalais a opté pour la baisse du poids de la dette à court terme et l’augmentation du volume de celle à long terme d’où, l’éventuelle apparition d’un plus grand nombre d’obligations de trésor.

 

Durant l’année 2012, les instruments de long terme étaient de 48 pc, alors que ceux de court terme représentaient 60 pc. Actuellement, les projections établies pour la fin de l’année en cours, prévoient d’atteindre un taux de 60 pc pour ce qui est des instruments de long terme et 40 pc pour ceux de court terme -(MAP).

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Écrit par  Jean Louis Verdier samedi, 07 septembre 2013 18:39

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posté le 09-09-2013 à 10:43:15

Histoire du Sénégal

 

Vente saly

Si l’on ne peut projeter exactement sur le passé les frontières relativement récentes (1904) de l’État contemporain du Sénégal, la région sénégambienne a bien été un espace animé par de nombreux brassages de populations, doté d’une histoire très ancienne et connectée à celle des grands empires de l’Ouest africain.

 

 

1. Les royaumes précoloniaux
Outre des traces de peuplements paléolithiques et néolithiques, de nombreux mégalithes postnéolithiques, répartis dans la zone du Sine-Saloum et qui semblent avoir servi de tombes, ainsi que des buttes artificielles de terre ou de coquillages, témoignent de populations disparues.
L’essor du commerce transsaharien (or, ivoire, sel, esclaves), à partir du 8e siècle, a soutenu l’épanouissement d’empires médiévaux, jusqu’à ce que le commerce atlantique se développe, à partir du 16e  siècle.
1.1. L’empire du Ghana
L’empire du Ghana, fondé par les Soninkés, entre le moyen Sénégal et la boucle du Niger, est mentionné par les auteurs arabes dès le viiie siècle comme le pays de l’or. Les royaumes de Tekrour et de Namandirou, sur les bords de la Falémé, ont été sous son autorité. Le Ghana tombe sous les attaques des nomades almoravides, musulmans rigoristes et prosélytes venus du Nord.
1.2. L’empire du Mali
Alors que les Peuls du Tekrour deviennent musulmans (9 e-12 e siècle), les Sérères s’installent plus au Sud. Du 13 e au 15 e siècle, l’empire du Mali étend sa domination et sa prospérité commerciale du Niger à la Gambie tandis qu’islamisation et Malinkés progressent en Sénégambie.
1.3. L’Empire songhaï
Au xvie siècle, l’Empire songhaï de Gao domine toute la bande soudano-sahélienne, du Sénégal à la boucle du Niger. Il s’appuie sur une armée permanente, une solide administration et domine différents royaumes : le royaume Dyolof (13 e-16 e siècle), qui aurait été fondé par Ndiadiane Ndiaye et qui regroupe à son apogée le pays wolof du bas Sénégal au sud du Cap-Vert et de Sangomar à l’estuaire du Saloum.

 

Le Fouta (ou Fouta-Toro), grenier à mil peuplé de Halpulaar, se situe sur la moyenne vallée du Sénégal. Les Mandingues forment de petites principautés le long de la Gambie et à cheval sur la frontière actuelle du Sénégal et de la Guinée-Bissau.
1.4. Morcellement en petits royaumes
Mais l’essor de l’économie de traite atlantique plonge l’Afrique du Nord dans la crise et une colonne de guerriers partis de Marrakech écrase l’armée Songhaï en 1591. À la place de l’empire émergent de petits royaumes, souvent en conflits, qui alimentent en esclaves les forts français du haut Sénégal. Il en va ainsi du Baol et du Cayor, dont le prince inflige une lourde défaite au Dyolof en 1549. En 1695, les trônes du Cayor et du Baol sont réunis, le damel (souverain) Latsuukabe intègre Islam et marabouts à son appareil politique et administratif.

 

Il commerce avec les Européens sur la côte et équipe son armée d’armes à feu. La Sénégambie, avec les royaumes du Walo, du Cayor, du Baol en pays wolof, le Sine-Saloum en pays sérère au centre-ouest du Sénégal, est en effet la principale source du trafic d’esclaves du 15 e jusqu’à la seconde moitié du 17 e siècle
2. Une colonisation précoce
Le Cap-Vert est atteint en 1456 ou en 1460 par le Vénitien Ca’da Mosto, au service du Portugal. En 1617, les Hollandais prennent pied au Sénégal et construisent deux forts à Gorée, tandis qu’Anglais et Français fréquentent l’embouchure du fleuve Sénégal. Les Français deviennent en 1677-1678 maîtres de Gorée. Le premier établissement français dans l’estuaire du Sénégal date de 1639, et celui de Ndar (futur Saint-Louis), de 1659.
La Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal, créée par Colbert en 1658, détenait le monopole du commerce français sur les côtes africaines.

 

De la gomme et des esclaves étaient échangés contre des armes, des tissus, des produits de pacotille, avant que les navires de traite repartent vers les Antilles et l’Amérique.
Au xviiie siècle, la France possédait une série d’enclaves côtières, prospère domaine colonial, disputées par l’Angleterre dans la seconde moitié du xviiie siècle, reprises par la France en 1783, pratiquement perdues par la métropole pendant la Révolution et l’Empire. En 1817, après le traité de Vienne qui proclame l’abolition de la traite, la France recouvre ses établissements du « Sénégal et dépendances », en situation précaire.
Sur le bas Sénégal, l’influence des Maures va croissant. Le Torodo Abd el-Kader renverse au Fouta-Toro la vieille dynastie dénianké et met en place une confédération toucouleur (1776).
Les efforts des Français pour développer une traite de produits légaux (cultures tropicales, gomme) sont assez infructueux dans la première moitié du xixe siècle, mais l’arachide apparaît une alternative crédible à partir des années 1840. En 1848, la IIe République abolit l’esclavage et les habitants des communes de Saint-Louis et Gorée sont représentés par un député à l’Assemblée nationale.
3. Seconde colonisation
À la recherche de matières premières et de débouchés, mu par des rivalités internationales, le second Empirelance la conquête des régions intérieures de la Sénégambie. Le gouverneur Faidherbe (1854-1864) fait occuper le littoral du Sénégal au Saloum (Dakar est fondée en 1857), installe des postes militaires en Casamance. Le Toucouleur El-Hadj Omar est défait devant Médine en 1857 et la vallée du Sénégal est soumise à des traités de protectorat.
L’expansion française s’accélère à partir de 1876. Si le Sine demande la protection française en 1877, les campagnes militaires françaises se heurtent à de violentes résistances menées par des peuples (basse Casamance) ou des chefs d’État : Lat Dior (1842-1886), qui a lutté sans succès contre la construction du chemin de fer Dakar-Saint-Louis, est tué à la bataille de Dexxelé.
Le Fouta est définitivement annexé en 1885, le Baol en 1894 et le Diolof en 1895. Cette année-là est institué un gouvernement général de l’Afrique-Occidentale Française (A-OF), dont le siège est fixé à Dakar. Le Sénégal conserve une place privilégiée parmi les colonies du groupe. Saint-Louis, Dakar et Gorée en 1872, Rufisque en 1880 et Dakar en 1887 reçoivent le statut de communes de plein exercice, accordant la citoyenneté française à leurs habitants.

 

A partir de 1904 sont créées des communes mixtes. Le reste de la colonie est soumis au régime de l’indigénat et au travail forcé. Les quatre communes ont le « privilège » d’élire en 1914 un seul député, Blaise Diagne, à l’Assemblée nationale. Celui-ci joue un rôle actif dans le recrutement des tirailleurs sénégalais qui vont participer à la Première Guerre mondiale.
Le même effort est demandé au pays en 1939. La traite de l’arachide est le poste clé de l’économie du Sénégal, dominée par de grandes firmes françaises. Le pouvoir des marabouts à la tête de grandes confréries s’affirme, d’autant qu’ils jouent la carte de la coopération avec l’administration française et contribuent à l’expansion de l’économie arachidière.
Grâce à la politique sanitaire, la colonie connaît une forte croissance démographique (plus d’1,7 million d’habitants en 1939) et un essor urbain unique. En ville, les « évolués » constituent une élite africaine de cadres administratifs, commerciaux et intellectuels, mais restent en situation subalterne, ce qui contribue à susciter leur prise de conscience politique précoce.
4. Le tournant de la Seconde Guerre mondiale
Contrairement à l’Afrique-Équatoriale française (A-ÉF), le gouverneur de l’A-OF, Boisson, reste fidèle à Vichy jusqu’en 1943. Les Sénégalais souffrent des rationnements, du renforcement d’une législation coloniale coercitive, et sont touchés par la mobilisation militaire.
Au lendemain de la guerre – marquée par le massacre de tirailleurs sénégalais en attente de paiement de pensions au camp de Thiaroye, en décembre 1944 –, les revendications politiques deviennent plus radicales, appuyées par le développement du salariat et du syndicalisme.
Les deux députés animateurs de la section sénégalaise de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), Amadou Lamine Gueye etLéopold Sédar Senghor (qui fonde le Bloc démocratique sénégalais en 1948, devenu le Bloc populaire sénégalais [BPS] en 1956 avant de se transformer en Union progressiste sénégalaise [UPS] en 1958), participent activement à la création de l’Union française en 1946.
À la suite de la loi-cadre Deferre de 1956, une assemblée territoriale et un conseil de gouvernement à majorité BPS sont élus. Après le référendum de 1958, le Sénégal devient une république au sein de la Communauté.
5. L’indépendance
Senghor, qui cherche à préserver l’influence du Sénégal dans l’ensemble francophone ouest-africain, propose la création d’une fédération, à laquelle le leader ivoirien Félix Houphouët-Boigny est très hostile. En définitive, seul le Soudan français (actuel Mali) se joint au Sénégal pour former, en janvier 1959, la Fédération du Mali, qui accède à l’indépendance le 20 juin 1960 mais éclate dès le mois d’août suivant.
Le 20 août 1960, l’Assemblée sénégalaise proclame l’indépendance du pays. Senghor devient président de la République et nomme Mamadou Dia président du Conseil des ministres. L’entente entre les deux hommes dure peu : Dia préconise un socialisme plus radical (mais non marxiste) que Senghor, qui bénéficie par ailleurs du soutien de Paris. À la faveur d’une tentative de coup d’État, Dia est arrêté en décembre 1962 avec plusieurs de ses amis. Il ne sera libéré qu’en 1974.
6. Le senghorisme
Une révision constitutionnelle, approuvée par référendum en 1963, renforce le caractère présidentiel du régime. Parallèlement, le parti de Senghor, l’UPS tend à devenir parti unique de fait, soit par interdiction de partis adverses (le Bloc des masses sénégalaises du professeur Cheikh Anta Diop en 1963), soit par absorption (Parti du Regroupement Africain-Sénégal en 1966).
L’effervescence des étudiants de Dakar, en mai 1968, suivie d’une grève générale déclenchée par l’Union des travailleurs sénégalais entraîne une réaction immédiate : l’université est fermée et l’état d’urgence proclamé. Le poste de Premier ministre est rétabli en 1970 et confié à un jeune administrateur, Abdou Diouf.
En 1976, un amendement constitutionnel instaure un tripartisme, dans lequel le parti socialiste (PS, nouvelle dénomination de l’UPS) représente le socialisme, le parti démocratique sénégalais (PDS d’Abdoulaye Wade, le libéralisme, et le parti africain de l’Indépendance (PAI), le marxisme. Le PS demeure très largement dominant et s’institutionnalise, tant au niveau national que local. Le retour au multipartisme intégral en 1981 n’est pas de nature à mettre en danger son hégémonie.
Entre-temps, le 31 décembre 1980, le président Senghor a abandonné volontairement le pouvoir et s’est retiré de la vie politique. Il passera désormais une partie de son temps en France, et son talent de poète, qui a chanté en français les beautés de la négritude, vaut à l’agrégé de grammaire, cofondateur de Présence Africaine, créateur du Festival des arts nègres de Dakar, d’être élu à l’Académie française en 1984.
Abdou Diouf lui succède, conformément à la Constitution. Il subit avec succès en 1983 l’épreuve des urnes, obtenant 83,55 % des voix.

 

Mais, signe révélateur, les abstentions s’élèvent à 41 % des inscrits. De nouveau, le poste de Premier ministre est supprimé.
7. Abdou Diouf : le temps des difficultés
Le changement intervenu à la tête de l’État ne constitue pas une rupture. Le musulman Abdou Diouf poursuit la politique engagée par le catholique Senghor : le refus des extrémismes, la discrétion dans l’action, mais aussi la fermeté. Il continue de défendre son pays contre les menées des islamistes soutenus par la Libye. Mais le nouveau président doit faire face à des difficultés que n’avait pas connues son prédécesseur.
7.1. La Casamance
C’est en 1982 qu’est créé, dans la clandestinité, le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), indépendantiste, qui n’hésite pas à recourir aux actions violentes. Il estime que la Casamance – coupée du reste du Sénégal par la Gambie et dotée d’une réelle spécificité régionale – est négligée par le pouvoir et sa population originelle, les Diolas, maintenus en état d’infériorité par rapport au reste de la population. Dakar, manifestement, ne parvient pas à trouver de solution, alternant répression et négociation.

 

Les indépendantistes, de leur côté, se divisent entre modérés, conduits par l’abbé Diamacoune Senghor (sans lien de parenté avec l’ancien président), et radicaux, qui mènent des raids à partir de la Guinée-Bissau. Les trêves qui sont signées ne durent guère. Le conflit se militarise : en 1993, pour faire face à l’insurrection, le gouvernement retire son contingent des forces ouest-africaines qui opèrent au Liberia. Il s’ethnicise aussi, avec une certaine diabolisation des Diolas.
7.2. Difficultés économiques et contestation
Les années 1980 voient s’aggraver les difficultés économiques, avec de nouvelles vagues de sécheresse, des attaques ravageuses de criquets (1988) et la généralisation de la crise mondiale, qui provoque une baisse de la demande et des cours des matières premières.
L’ajustement structurel conduit le gouvernement à prendre des mesures d’austérité qui détériorent le climat social. En 1988, Diouf obtient 73,2 % des voix contre 25,8 % pour Abdoulaye Wade au cours d’élections aux résultats contestés.
Le « vent d’est », qui souffle dans toute l’Afrique à partir de la fin de 1989, n’épargne pas le Sénégal, mais prend des formes moins radicales qu’ailleurs, du fait du caractère démocratique du régime. On conteste à Dakar, bastion du PDS, le président Diouf, dont la démission est réclamée ; on manifeste pour exiger une égalité de traitement de la part des médias ; on boycotte les élections locales dont on conteste la validité.
Wade, devenu ministre d’État (mars 1991), se présente contre Diouf à l’élection présidentielle de février 1993 (il obtient 32 % des voix contre 58,4 %). Soupçonné d’être compromis dans l’assassinat (15 mai 1993) du vice-président du Conseil constitutionnel (le seul assassinat politique qu’ait connu le Sénégal), il est emprisonné puis relaxé, et revient au gouvernement en mars 1995.
La vie politique souffre de l’usure profonde du PS, divisé, qui subit une sérieuse érosion de son électorat aux législatives de mai 1998 ; ses cadres, sans doute insuffisamment renouvelés, sont accusés d’incompétence et de corruption par une large partie de l’opinion publique, et spécialement par la jeunesse urbaine, qui se détourne des urnes.
8. L’alternance : Abdoulaye Wade (2000-2012)

En mars 2000, l’élection présidentielle met fin au long « règne » de Abdou Diouf, qui s’incline au second tour devant son adversaire, Abdoulaye Wade (respectivement 41,5 % et 58,5 %), leader historique du PDS et qui a fait campagne sur le thème du Sopi. Le Sénégal connaît pour la première fois depuis quarante ans l’alternance.
L’adoption en janvier 2001 d’une nouvelle Constitution – censée exprimer la rupture et renforcer les prérogatives parlementaires mais confirmant en fait l’orientation présidentialiste du régime – permet au président de dissoudre l’Assemblée dominée par le PS et de convoquer des élections législatives anticipées en avril 2001, remportées largement par le PDS. A. Wade lance un vaste programme de constructions : voies de communication, nouvel aéroport international, nouvelle capitale et retour vers l’agriculture.
Les difficultés s’accumulent après une courte période d’état de grâce. Le pays est bouleversé par le naufrage du Joola le 26 septembre 2002 (1 863 morts) et par l’impunité de ses responsables.
En 2005, alors que le Sénégal a rejoint depuis 2001 les pays les moins avancés (PMA), le président Wade décide de mettre en œuvre une stratégie de croissance accélérée mais les critiques fusent à propos du manque de transparence, de la corruption du pouvoir. De plus en plus coupé de l’intelligentsia, le Président nomme en l’espace de quatre ans six gouvernements, quatre Premiers ministres et se trouve confronté à des oppositions au sein du PDS. Idrissa Seck, son Premier ministre de novembre 2002 à avril 2004, longtemps considéré comme son dauphin, est incarcéré pour malversations avant d’être blanchi.
Sur fond de persistance du chômage, de grèves et de « délestages » électriques, A. Wade remporte cependant l’élection présidentielle de février 2007 avec 55,9 % des voix devant ses deux principaux adversaires, I. Seck (14,9 %) et le candidat du PS, Ousmane Tanor Dieng (13,5 %), qui dénoncent de multiples cas de fraude.
Aux élections législatives de juin, boycottées par l’opposition et remportées par le PDS, l’ampleur de l’abstention (qui atteint 75 % à Dakar) jette une ombre sur le « modèle démocratique » sénégalais. Le chef de l’État n’a de cesse d’écarter les rivaux de son fils, Karim, promu « conseiller spécial » et président de l’Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique. Macky Sall, Premier ministre depuis avril 2004, est limogé (juin 2007) puis destitué de son poste de président de l’Assemblée nationale (novembre 2008) pour avoir tenté d’auditionner le fils du président.
En Casamance, la situation demeure incertaine malgré l’accord de paix passé le 30 décembre 2004 entre le gouvernement sénégalais et le MFDC, qui paraît de plus en plus affaibli. Après le décès, en janvier 2007, de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, leader historique du MFDC, le mouvement est divisé en nombreuses factions. L’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance met en œuvre un Projet d’urgence d’appui à la reconstruction de la Casamance (Parc).
À la suite de la défaite du PDS aux élections municipales de mars 2009 (Dakar, où se présentait son fils, Karim, tombe aux mains du PS), A. Wade tente de resserrer les rangs du parti. En mai, il nomme son fils ministre de la Coopération internationale, des Infrastructures et de l’Aviation et annonce, dès septembre, sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2012.
Dans cette perspective, il tente par une nouvelle réforme constitutionnelle – après, notamment, celle de 2008 qui a réintroduit le septennat – de faire abaisser à 25 % des suffrages exprimés le seuil nécessaire à l’élection dès le premier tour. Sous la pression de la rue, il doit cependant y renoncer en juin 2011 mais maintient sa candidature malgré son âge avancé, son impopularité croissante et l’article 27 de la Constitution de 2001 limitant à deux le nombre de mandats. Ayant été élu en 2000 – alors que la Constitution de 1963 était encore en vigueur – A. Wade décide ainsi de ne pas s’appliquer cette clause et reçoit l’avis favorable du Conseil constitutionnel.
Après de nouvelles manifestations qui tournent à l’émeute, le scrutin se déroule finalement dans le calme : à l’issue du second tour, auquel participent 55 % des électeurs, A. Wade accepte de s’incliner devant son adversaire, l’ancien Premier ministre Macky Sall, qui, à la tête de l’Alliance pour la République (APR, fondée en 2008), l’emporte très largement avec 65,8 % des suffrages. Le nouveau président entre en fonctions le 2 avril et confie le poste de Premier ministre à Abdoul Mbaye.
9. La présidence de Macky Sall (2012-)
En juillet 2012, la mouvance présidentielle représentée par la coalition Benno Bokk Yakaar (« Unis pour un même espoir », en wolof) remporte la majorité absolue des sièges avec 119 députés sur 150, le PDS étant réduit à 12 représentants. En vertu de la nouvelle loi sur la parité adoptée en 2010, 64 femmes sont élues. Seule ombre au tableau, la participation n’atteint que 37 % des inscrits environ.
L’égalité entre l’homme et la femme, la réduction du chômage des jeunes et la lutte contre la corruption figurent parmi les grands objectifs du gouvernement. À la tête d’un cabinet réunissant diverses figures de l’opposition à A. Wade, le banquier et « technocrate » A. Mbaye est cependant démis de ses fonctions en septembre 2013 pour être remplacé par la ministre de la Justice, Aminata Touré.

 

Ancienne fonctionnaire des Nations unies et membre depuis 2010 de la direction de l’APR, cette dernière a notamment participé à la gestion du délicat dossier des « biens mal acquis » – concrétisée par la réactivation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, à l’origine de l’arrestation de Karim Wade, fils de l’ancien président – et de celui, très épineux, de l’ex-président tchadien Hissène Habré.

 

Le 2 septembre 2013, un nouveau gouvernement est formé dans lequel le parti présidentiel (APR) voit sa position renforcée.
10. La politique extérieure du Sénégal
Le Sénégal entretient avec les pays limitrophes des relations variables. Les conditions de l’indépendance ont été à l’origine de frictions avec le Mali lors de la rupture de la fédération, mais surtout avec la Guinée révolutionnaire de Sékou Touré ; les deux pays ne normalisent leurs relations qu’en 1978.

 

La situation particulière de la Gambie, totalement enclavée dans le Sénégal, est à l’origine de deux interventions militaires de soutien au gouvernement en place (1980 et 1981), puis de la création de la Confédération de Sénégambieprévoyant l’intégration des forces armées des deux pays et une union économique et monétaire. Cette construction originale, plus théorique que réelle, est dissoute en 1989.
Les relations avec la Mauritanie sont brutalement rompues en 1989 après un incident dans la région du fleuve Sénégal, qui fit deux morts parmi les Sénégalais. Le climat entre les deux pays était déjà tendu, le Sénégal accueillant un mouvement de Mauritaniens noirs dissidents, qui avaient tenté un coup de force à Nouakchott en 1987.

 

Au Sénégal, mais surtout en Mauritanie, les ressortissants de l’autre pays sont victimes de pogroms faisant plusieurs centaines de morts, entraînant un double mouvement de rapatriement de part et d’autre du fleuve. Pressions et médiations internationales permettent d’éviter de justesse l’affrontement armé. Les relations diplomatiques entre les deux pays ne sont rétablies qu’en 1992, sans que le problème des réfugiés soit définitivement réglé.
Avec la Guinée-Bissau, les relations ne furent pas toujours sereines, marquées notamment, à la fin des années 1980, par un conflit sur l’étendue du domaine maritime, qui fut finalement tranché par la Cour internationale de justice (CIJ). Plus fondamentalement, le problème de la Casamance a longtemps opposé les deux pays, Dakar accusant Bissau de soutenir les rebelles.
L’ancienneté de la colonisation française continue de marquer profondément les relations du Sénégal avec la France. En février 2010, les deux pays renégocient ensemble l’« accord de coopération » militaire qui les unit depuis 1974 et décident de remplacer la base des Forces françaises en plein Dakar par une « plateforme régionale de coopération » aux effectifs très réduits.
Depuis plusieurs années, le Sénégal cherche à diversifier ses relations, notamment en direction des États-Unis, de la Chine (avec laquelle il a rétabli ses relations diplomatiques aux dépens de Taïwan en 2005), des pays émergents comme le Brésil, la Malaisie, l’Indonésie mais également de l’Arabie Saoudite et de l’Iran.

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Écrit par  Jean Louis Verdier dimanche, 08 septembre 2013 08:54

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posté le 09-09-2013 à 10:41:41

Alioune Guèye, enseignant à La Rochelle reçoit des mails racistes

Vente saly

Enseignant chercheur sénégalais à la faculté de droit, Alioune Gueye admet avoir répondu sous le coup de la colère. Depuis l’affaire, son contrat n’a pas été renouvelé

La carrière d’Alioune Gueye a peut-être basculé pour une copie trop longue. Cet attaché temporaire d’enseignement et recherche (ATER) sénégalais à la faculté de droit public de La Rochelle préparait sa thèse et assurait des travaux dirigés (TD), quand il a reçu, le 14 novembre dernier, un mail d’un étudiant vexé de s’être vu refuser la correction d’une copie de plus de 4 pages, limite imposée par le professeur responsable du cours. « Je doute fort qu’un Africain puisse faire de tels corrigés », écrit au passage l’étudiant de 22 ans dans un texte particulièrement long et agressif.
« J’ai aussitôt transféré ce mail à ma hiérarchie », précise l’enseignant-chercheur. « Personne n’a réagi. » Il répond à l’étudiant et reçoit, deux jours après, de nouveaux contenus du même ordre : « Je le répète, un Africain ne peut pas faire de telles corrections, c’est mon humble avis. » Quelques jours plus tard, le doyen de la fac de droit prend enfin contact avec Alioune Gueye mais, à sa grande surprise, lui reproche ses réponses.
« Ce qu’a écrit l’étudiant est inadmissible. Nous nous apprêtions à le traduire devant un conseil de discipline », déclarent en chœur ou presque le président de l’université Gérard Blanchard et le doyen André Giudicelli. « Mais nous nous sommes aperçus qu’il y avait des intimidations de la part de M.Gueye à l’encontre de l’étudiant. »

 

L’intéressé admet avoir écrit sous le coup de la colère : « Ce problème nous le réglerons quand vous voudrez en dehors de la fac (vous et moi quand nous nous retrouverons seuls dans un endroit). »
« Jamais de ma vie je ne me suis emporté comme ce jour-là », se souvient Alioune Gueye. « Comme si les Africains n’étaient pas capables d’être brillants ! J’ai toujours eu l’impression de devoir prouver deux fois plus que les autres. C’était un point sensible. Curieusement, à partir de ce moment, je n’étais plus la victime. L’affaire a été traitée avec beaucoup de légèreté. »
Le doyen change l’étudiant de TD mais sans réclamer d’excuses, sans prononcer de sanction. « Il m’a montré des mails dans lesquels les phrases racistes ne figuraient pas », se défend André Giudicelli. « Je n’avais pas de preuve. » Ce qui revient à envisager que la phrase ait pu être ajoutée par l’enseignant…

 

Le président explique que la procédure envers l’étudiant a été stoppée « pour protéger M. Gueye. Si nous traduisions l’étudiant devant un conseil de discipline, M. Gueye aurait aussi été sanctionné pour ses menaces. L’étudiant nous menaçait d’aller au pénal. Nous avons préféré régler les choses à l’amiable. »
L’affaire aurait dû s’arrêter là. C’était le souhait d’Alioune Gueye, concentré sur sa thèse, dont la soutenance est prévue pour avril 2014. « Mes relations avec mes collègues se sont brusquement détériorées », raconte-il, évoquant un « harcèlement moral ». « Puis un mail lapidaire m’a informé que mon contrat d’ATER n’était pas renouvelé. Malgré mes démarches, personne ne m’en a jamais donné les raisons. Tous les ATER sont reconduits, sauf moi. »

 

Le Sénégalais avait pourtant été classé premier sur ces compétences et son parcours lors de son recrutement. Pire, il a déposé des dossiers dans trente universités françaises et a reçu, à ce jour, 28 réponses négatives.
« Une des facs, enthousiaste au début, m’a fait savoir qu’elle renonçait, sans me dire pourquoi. Et le poste est toujours disponible ! »Comment ne pas lier la première affaire et ces portes qui soudain se ferment dans un monde universitaire réputé pour son corporatisme et son incapacité à digérer les remous ?
L’université nie tout lien entre les deux épisodes. « Nous avons favorisé de jeunes doctorants rochelais », explique Gérard Blanchard, rappelant que l’ATER évincé venait de Toulouse. « Rien n’indique aujourd’hui un recrutement irrégulier. M. Gueye peut apporter des preuves devant le tribunal administratif, je l’engage à le faire. »

 

Ce qui prendrait beaucoup de temps. Alioune Gueye, qui répète à l’envi que ces arguments ne sont pas fondés dans ce genre de procédure, a écrit au ministère de la Recherche et s’évertue à sortir de cette impasse injuste.
« Personne n’a jamais remis en cause la qualité de mon travail. J’ai peur d’avoir tout perdu alors qu’au départ, c’est moi, la victime. »
Pour l’université, l’affaire tombe mal, quatre mois après la polémique déclenchée par un enseignant sur une pièce de théâtre montée à la fac, qu’il jugeait antisémite.

 

Avec SO

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Écrit par  Jean Louis Verdier lundi, 09 septembre 2013 07:51

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posté le 09-09-2013 à 10:40:20

Des techniques de séduction sophistiquées pour des femmes sénégalaises

Vente saly

Saturday, 07 September 2013 10:13
Bine bine, thiouraye, béthios… Des noms mystérieux pour des techniques de séduction sophistiquées. 

Pour beaucoup, la femme sénégalaise est une grande séductrice. Qu’elle soit noire, brune ou basanée, elle demeure l’objet de multiples fantasmes. Et son arsenal de séduction est à la mesure de sa réputation.

Même Nelson Mandela, grand amateur de femmes, a succombé à leur appas: dans ses mémoires, il délivre aux Sénégalaises le prix des femmes les plus élégantes d’Afrique.

Marché HLM de Dakar, capitale du Sénégal. Un véritable capharnaüm d’articles de séduction orne les trottoirs. Disposés sur des tables et accrochés à la devanture des cantines, les célèbres bine bine attirent les regards. Au point que d’aucuns à Dakar les qualifient d’armes de séduction massive des Sénégalaises.

De différentes couleurs, ces ceintures en perles ont contribué au mythe de la sénégalaise comme «déesse de la séduction ». De tailles variables, ces ceintures sont de grandes alliées pour la sénégalaise qui souhaite ferrer son homme. Avec l’encens traditionnel, les ceintures en perles et les petits pagnes sont essentiels dans le processus de séduction. Ils sont nés de l’ingéniosité des femmes de l’ethnie Laobé, réputées pour être de grandes séductrices.
Vertus érectiles du conjoint
Les pagnes ont la spécificité de véhiculer des messages salaces, drôles ou parfois déroutants. Certains d’entre eux célèbrent les vertus érectiles du conjoint avec des formules tirées de la langue wolof. D’autres expliquent le bénéfice matériel que peut tirer la femme de la plénitude sexuelle du mari. Tricotés à la main ou décorés avec des dessins sous forme de bande dessinée, ces pagnes se retrouvent dans la garde-robe de la majorité des femmes.
Oulèye Gadiaga, vendeuse d’articles de séduction, vante les mérites des produits qu’elle propose à sa clientèle:
«Une femme doit disposer de ces objet parce que sans petits pagnes ou ceintures en perles, elle ressemble aux hommes. Une femme qui souhaite garder son homme doit avoir recours à ces articles de séduction», souligne la jeune femme à la peau dépigmentée.
Sa voisine, une femme d’âge mûre, explique les vertus stabilisatrices de ces accessoires sur le ménage:
«Toute femme mariée doit en avoir, car non seulement tu ferres ton mari, mais tu réussis également à écarter d’éventuelles concurrentes. Le « thiouraye » (encens), les « béthios » (petits pagnes) et les « bine bine » constituent l’identité propre de la femme, pour que l’homme puisse la distinguer parmi les autres.»
Coumba Thiam, une autre vendeuse, n’en dit pas moins:
«Dans la pénombre, les perles, souvent lumineuses, guident le conjoint. Les petits pagnes lui permettent d’avoir l’impression de revivre chaque jour sa lune de miel. La femme doit aussi faire en sorte de sentir bon grâce à l’encens.»
Toute sénégalaise, qu’elle soit jeune ou vieille, riche ou pauvre, instruite ou analphabète, connait bien ces astuces de séduction. Si certaines les trouvent ringardes, d’autres en ont fait des outils incontournables. Bineta Diop, une cliente, confirme les vertus de ces articles:
«Au début, je pensais qu’ils n’étaient pas importants dans un couple. En tant qu’intellectuelle, j’avoue que je prenais ça pour des histoires de bonne femme. Mais quand je les ai utilisés mon mari a aimé. Depuis, je me rends compte qu’il y a une évolution positive dans nos rapports intimes.»
Les hommes ne sont pas insensibles à ces jeux de séduction; Cheikh Fall, un polygame, reconnaît l’effet de ces accessoires sur sa libido:
«Une femme sans mbéthio ni bine bine est comme un homme. Je n’imagine pas l’acte sexuel sans ses articles. Une femme doit avoir des salagnes-salagnes (astuces).»
Alioune Touré, pour sa part, ne partage pas cet engouement autour de ces articles de séduction:
«Les gens exagèrent sur les pouvoirs des ceintures et des pagnes. Je ne pense pas pouvoir être séduit à travers ces articles. Ce qui est primordial, à mon sens, c’est ce que l’on ressent pour la personne».
Les jeunes filles essaient d’allier modernité et tradition, en portant des chaînes en or ou en argent autour des reins. Une nouvelle orientation qui fait l’affaire des bijoutiers. Pape Thiam, qui exerce ce métier à Dakar, au marché Tilène, enregistre d’importants bénéfices:
«Les jeunes filles et les mannequins sont mes principales clientes. Avec les chaînes en or ou en argent, elles sortent du lot et montrent qu’elles sont à la mode et qu’elles ont les moyens. Une chaîne en or pour les reins peut coûter jusqu’à 300.000 francs CFA (presque 500 euros) alors que les bine bine ne coûtent que 100 francs».

leral

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