posté le 09-01-2014 à 13:01:24

Le FMI encourage le Sénégal et demande à l’Etat de baisser le prix de l’électricité

Vente saly

La restructuration des agences publiques sénégalaises, l’élaboration d’un nouveau Code des douanes, ainsi que la télé-déclaration et le télé-paiement des impôts constituent « un pas important » dans la mise en œuvre des réformes que le Fonds monétaire international (FMI) attend des autorités sénégalaises, en vue de l’impulsion d’une croissance capable de réduire la pauvreté, a indiqué, mercredi à Dakar, son représentant-résident au Sénégal, Boileau Loko.

 

Le chef de l’Etat sénégalais Macky Sall a annoncé le 16 décembre dernier la suppression d’un certain nombre d’agences publiques, qui seront réunies en une seule entité, en vue d’une meilleure rationalisation des dépenses publiques.

 

Parmi les structures à supprimer, il a cité l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (ANEJ), le Fonds national de promotion des jeunes (FNPJ), l’Agence pour l’emploi des jeunes des banlieues (AJEB) et l’Agence nationale d’appui aux marchands ambulants (ANAMA).

 

S’y ajoutent d’autres réformes, dont celle devant aboutir à un nouveau Code des douanes, sans compter l’introduction de la télé-déclaration et du télé-paiement, parmi d’autres initiatives destinées à améliorer le climat des affaires au Sénégal.

 

« Ces trois réformes significatives montrent la volonté du gouvernement d’avancer » dans le sens de ce qui a été retenu avec le FMI, a déclaré son représentant-résident au Sénégal, Boileau Loko, lors d’une rencontre avec des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES).

 

M. Loko commentait les résultats de la sixième revue des résultats économiques obtenus par le Sénégal dans le cadre de l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE), qui définit le cadre de coopération du gouvernement sénégalais avec le FMI.

 

« L’évolution et les perspectives économiques restent favorables » au Sénégal, déclarait Min Zhu, directeur général adjoint et président par intérim du FMI, à l’issue des débats de la sixième revue de l’ISPE.

 

« L’inflation reste modérée, la hausse des prix à la consommation étant inférieure à 1%. La croissance devrait encore augmenter en 2014, pour atteindre 4,6%, du fait d’un environnement extérieur un peu favorable et de l’achèvement des grands projets d’infrastructures et miniers », souligne le FMI dans un rapport.

 

« Après une importante hausse en 2012, le déficit courant devrait se réduire à 9,4% du PIB (produit intérieur brut), en raison essentiellement d’une amélioration des termes de l’échange, d’une baisse des importations des produits alimentaires et d’une hausse des envois des fonds des migrants », indique ce document.

 

Le FMI a conclu que les perspectives économiques du Sénégal restaient « très bonnes dans la mesure où tous les critères quantitatifs fixés en mi-2013 ont été atteints » dans le cadre des réformes poursuivies, a commenté son représentant-résident au Sénégal, lors de ses échanges avec les membres du COJES.

 

Boileau Loko a signalé que « des lenteurs » subsistaient toutefois dans la mise en œuvre de certaines réformes structurelles au titre desquelles « beaucoup de progrès » sont à réaliser, notamment dans le secteur de l’énergie, « un facteur important de la compétitivité économique ».

 

Il a rappelé que non seulement le prix de l’électricité au Sénégal demeure l’un des plus chers du monde, mais sa distribution en quantité suffisante n’est pas garantie, toutes choses qui amènent le FMI à considérer cette situation comme « un obstacle majeur de la croissance économique au Sénégal ».

 

Aussi M. Loko a-t-il préconisé que soit rapidement mis en œuvre une stratégie capable de rendre l’énergie disponible en quantité suffisante et à moindre coût. « Le secteur de l’énergie est un obstacle majeur à une croissance accélérée au Sénégal. Et ce n’est pas nouveau, puisque ça fait des années que la question de l’énergie se pose », a-t-il dit, suggérant une baisse des coûts de production, pour venir à bout de ce problème. Il s’est ainsi montré favorable à l’option des autorités de recourir au mix énergétique.

 

En 2012, a-t-il révélé, le secteur de l’énergie a bénéficié d’un total de subventions compris entre 160 et 180 milliards de francs CFA, soit autant de ressources pouvant être allouées à des programmes sociaux initiés par le gouvernement sénégalais. D’où, selon lui, le caractère vital de cette question. « Si le Sénégal veut vraiment accélérer la croissance, il faut qu’il continue les réformes dans le secteur de l’énergie », a insisté Boileau Loko.

 

Le représentant-résident du FMI a par ailleurs indiqué que le Sénégal devait continuer à améliorer la collecte des recettes, tout en poursuivant les réformes visant une meilleure rationalisation des dépenses publiques.

 

Evoquant le dernier point, il a dit que la restructuration annoncée des agences publiques est de nature à induire « une stratégie claire » de développement de ces dernières et devrait accroître la transparence dans la gestion des finances publiques. Il y a « énormément d’agences au Sénégal », a-t-il relevé.

 

« Il faut dans le même temps continuer à améliorer la collecte des recettes. L’idée n’est pas d’imposer plus les gens, mais d’augmenter la base taxable. Il faut aussi que l’Etat fasse des réformes en ce qui concerne la rationalisation des dépenses, et notamment des dépenses de fonctionnement », a déclaré Boileau Loko.

 

La rationalisation des dépenses et l’amélioration des recettes, telles qu’elles sont préconisées par le FMI, visent à dégager des marges budgétaires pour mettre à la disposition des gouvernements des ressources destinées à financer les investissements, a-t-il expliqué.

 

« Donc, il est important qu’on continue dans la mobilisation des ressources et dans la rationalisation des dépenses, pour dégager des marges sans accroître l’endettement du pays », ce qui permettrait d’arriver à « une croissance plus forte et plus inclusive », a précisé le représentant-résident du FMI.

 

« Le plus important, c’est de mettre en place les réformes. L’émergence économique ne se décrète pas, elle se construit. Les réformes sont le fondement de cette croissance », a soutenu Boileau Loko, avant de souligner que l’effet des dépenses d’investissement doit être amélioré pour induire une croissance accélérée.

 

BK/ESF

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Écrit par  Jean Louis Verdier mercredi, 08 janvier 2014 21:30

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posté le 09-01-2014 à 12:57:53

La frontière fermée aux gros porteurs, les particuliers en sursis

Vente saly

 

Vente saly

Le premier round des négociations entre transporteurs sénégalais et gambiens a échoué en raison de l’absence de la partie gambienne.

 

Ces négociations qui devaient s’ouvrir hier, mardi 7 janvier à Keur Ayib, visaient la voie d’un règlement de cette crise, sept jours après son déclenchement. Les transporteurs sénégalais sont revenus à la charge en bouclant les frontières aux gros porteurs. Les mouvements des véhicules particuliers via la Gambie pourraient aussi être soumis aux mêmes obligations.

Au septième jour de l’application du mot d’ordre de boycott de la transgambienne décrété par les Syndicats des transporteurs routiers du Sénégal, le mouvement est loin de faiblir.

 

La partie gambienne attendue ce mardi après-midi à Keur Ayib pour le premier round des négociations ne s’est finalement pas présentée à la rencontre. Les transporteurs sénégalais ont alors décidé de durcir le ton par l’expulsion des camions en stationnement à la frontière portant l’immatriculation de la Gambie et demander à leurs collègues de quitter immédiatement ce pays.

 

Babagallé Bâ, le président du Regroupement régional des transporteurs routiers de Sédhiou, explique que «toute la journée, les gambiens qui ont bel et bien reçu l’invitation à cette rencontre n’ont pas souhaité y prendre part. Nous l’avons initiée pour échanger avec eux sur les voies et moyens de solutions appropriées.

 

Mais ils ont opté de briller par leur absence. Nous avons alors décidé, comme première mesure, de demander à tous les gros porteurs stationnés à la frontière de rebrousser chemin y compris ceux immatriculés en Gambie. Nous avons bouclé toutes les sorties possibles de la frontière de Keur Ayib à Karang et vers la zone de Tambacounda».

 

S’agissant des véhicules de particuliers, il relève que rien n’est encore décidé de leur mouvement via la transgambienne. «Pour le moment, rien n’est décidé pour les véhicules de particuliers mais ils doivent s’attendre à l’obstruction de la transgambienne si la situation reste en l’état, pour que notre mouvement porte bien ses fruits», a ajouté Babagallé Bâ.

Pour toute solution définitive à ces crises répétitives qui écornent l’image de la diplomatie entre ces deux Etats voisins, Babagallé Bâ préconise la construction d’une bonne route de contournement de la Gambie qui passe par Tambacounda.

 

«Les autorités sénégalaises doivent penser à trouver une solution définitive à ces tracasseries de la Gambie en construisant une route adaptée aux longues distances pour contourner la Gambie.

 

Outre l’apaisement que cela va nous procurer ce sera une valeur ajoutée pour l’économie locale des villes et villages qui seront desservis par ces axes routiers», conclut Babagallé Bâ le président du Regroupement régional des transporteurs routiers de Sédhiou.

 

A rappeler que ce boycott est décidé suite au refus de la Gambie d’encaisser leur monnaie, le «Dalassi» des mains des sénégalais et exigent toujours à la place le franc CFA.

 

Moussa Dramé

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Écrit par  Penda Diop mercredi, 08 janvier 2014 09:52

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posté le 09-01-2014 à 12:42:25

La désintoxication des reins: 2 recettes

Vente saly

Par News | Webnews |  Mercredi 08 janvier, 2014 12:17

La désintoxication des reins2 recettesToutes sortes de cristaux de sel ne cessent de se former dans les reins. Ceux-ci ne nous irritent pas et quittent notre organisme systématiquement. Si par contre les reins ne les rejettent pas rapidement, les cristaux peuvent se transformer en sable ou en calculs rénaux. Et si le calcul rénal approche une taille d’un centimètre, aucun lavement ne peut plus rien faire.

Afin d’éviter la formation de calculs rénaux, voici ce que je conseille : -les reins :Les reins, tout comme le foie, sont les filtres du sang. C’est pourquoi il est important de les nettoyer et de les tonifier durant les cures de nettoyage. Les reins contribuent à la régulation du pH sanguin et de la pression sanguine. Les reins contrôlent aussi la quantité d’eau retenue dans le corps, donc ils maintiennent l’homéostasie de l’organisme. Le foie et les reins participent à l’activation de la vitamine D.

LA PASTEQUE 

Un remedeDurant l’été, la pastèque est le remède miracle des plus appropriés pour nettoyer les reins. Procéder à cette cure relève d’un jeu d’enfant. Chaque jour entre 5 et 7 heures de l’après-midi – lorsque l’activité de sécrétion d’urine de l’organisme est la plus intense – consommez autant de pastèque que vous le pouvez. Ensuite, installez-vous dans un bain de siège rempli d’eau chaude et restez-y jusqu’à ce que vous ayez envie d’aller aux toilettes.

La pastèque est un excellent diurétique, tandis que l’eau chaude non seulement dilate les voies urinaires, mais favorise aussi le rejet de sable ou de petits calculs rénauxPropriété de la pastèqueUn excellent agent anti-inflammatoireNon seulement la pastèque étanche-t-elle la soif, mais elle a aussi la capacité de réduire l’inflammation chronique susceptible d’entraîner des maladies comme l’asthme, le diabète, l’arthrite, les maladies coronariennes ou certains cancers. Ce phénomène protecteur lui vient d’un contenu élevé en éléments antioxydants, qui ont pour propriété principale de voyager dans l’organisme à la recherche des radicaux libres pour les neutraliser.

 

 Ces radicaux libres font des ravages lorsqu’ils s’agglutinent autour des parois des vaisseaux sanguins en les bloquant ou en s’attaquant aux noyaux de nos cellules pour les endommager, ce qui entraîne le développement de différents cancers et abîme notre code génétique.Une tasse de pastèque satisfait 25 % de nos besoins quotidiens en vita­mi­ne C, un agent anti-infec­tieux et anti-inflammatoire reconnu qui protège aussi nos dents et nos os, et 12 % de nos besoins en vitamine A. La vitami­ne A protège les parois des vais­seaux sanguins con­tre le dé­pôt de cholestérol dans les artères, une tâ­che qu’elle effectue en équi­pe avec la vitamine C.

LE PERSIL :

 

 une recetteLe persil est connu comme le meilleur traitement pour nettoyer les reins.Prendre une poignée de persil , laver puis couper en petits morceaux et les mettre dans une casserole , ajoutez de l’eau (1 litre) et faire bouillir pendant dix minutes, laisser refroidir, verser dans une bouteille propre et réfrigérer. Buvez un verre tous les jours et voyez comment le sel et les toxines vont s’éliminer en urinant.Propriétés et nutriments dans le persil :

C’est un puissant antioxydant, pour le rajeunissement de la peau.Il contient du phosphore, du fer et du soufre.Riche en chlorophylle, il combat la mauvaise haleine, aide à purifier le corps les toxines et l’excès de graisse.Riche en vitamine C, il lutte contre le cancer, les problèmes cardiaques, les cataractes, les infections, et contribue à renforcer le système immunitaire du corps.Parce qu’il est riche en calcium, il est bien adapté pour prévenir l’ostéoporose au cours de la ménopause.Il est diurétique, aide à éliminer les fluides naturellement.

 Il est utilisé pour traiter la haute pression artérielle.Haute teneur en vitamines et minéraux, il est idéal pour le combattre et prévenir l’anémie, l’anorexie, la faiblesse générale, la fatigue physique et mentale.Idéal pour renforcer les cheveux et les ongles.Lutte contre les problèmes de peau.Efficace contre les ulcères.Le persil contient un extrait huileux liquide appelé ‘apiol’ qui est utilisé contre la fièvre intermittente et les névralgies.

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posté le 09-01-2014 à 12:32:04

Une forte houle contraint le navire Aline Sitoé à retourner sur Dakar

Vente saly

Par Aps | APS |  Mercredi 08 janvier, 2014 19:01

Le bateau Aline Sitoé Diatta qui faisait cap sur Ziguinchor en provenance de Dakar a refait le chemin inverse, à cause d’une forte houle à l’embouchure du fleuve Casamance, a t-on appris mercredi auprès du chef de la gare maritime de Ziguinchor, Moustapha Mancadiang.

 

‘’Une décision plus sage nous a été recommandée par la direction du COSAMA (Consortium Sénégalais des activités maritimes) de faire retourner le bateau sur Dakar. Suite à une forte houle qui n’a pas baissé d’intensité, le commandant a trouvé plus sage de faire retourner les passagers à bord du navire jusqu’à Dakar’’, a dit M. Mancadiang, dans un entretien accordé à l’APS.

 

Le navire qui quitte Dakar mardi soir devait arriver à Ziguinchor mercredi matin.

 

‘’Cette situation météorologique (la houle) qui a duré 10h,conjuguée à la disparition de nombreuses bouées sur le chenal, n’a pas permis le passage du navire Aline Sitoé Diatta’’, précise la direction du COSAMA, dans un communiqué dont une copie a été remise à l’APS.

 

‘’Le COSAMA, qui privilégie la sécurité des passagers avant toute chose, a pris la décision de faire retourner le navire (ASD) sur Dakar’’, ajoute le document, informant que le navire est attendu à la gare maritime internationale de Dakar jeudi aux environs de 6 heures du matin.

 

Le COSAMA tout en présentant ses excuses à sa clientèle et aux populations pour les désagréments ainsi causés par cette situation indépendante de sa volonté, a annoncé que le navire reprendra ses rotations vendredi sur l’axe Dakar-Ziguinchor.

 

Moustapha Mancadiang, le chef de la gare maritime de Ziguinchor, a précisé que le navire Aline Sitoé Diatta est retourné sur Dakar aux environs de 16h 30 mn.

 

‘’C’est un phénomène naturel. La situation n’est pas due à COSAMA. Aujourd’hui, à travers le monde les intempéries sont entrain de créer des désagréments aux usagers aussi bien des avions, de la route et du maritime’’ a-t-il dit.

 

‘’Aujourd’hui, nous sommes sur un phénomène climatique qui a créé des perturbations. En bons croyants, on doit se remettre à Dieu et savoir que quand la mer bouge, ce n’est pas le COSAMA qui le fait bouger’’, a soutenu M. Mancandiang.

 

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) avait émis un avis de houle dangereuse de lundi à jeudi sur les zones maritimes Dakar, Grande Côte, Petite Côte et Casamance.

 

Dans un bulletin météorologique spécial (BMS) reçu à l’APS, l’ANACIM précisait qu’il s’agit d’une houle dangereuse de secteur Nord pouvant atteindre ou dépasser 3 mètres à partir de lundi à 6 heures sur la Grande Côte.

 

A partir de mardi, à 10 heures, la houle gagnera Dakar, la Petite Côte et la Casamance, selon l’ANACIM qui note que la fin de l’avis est prévue jeudi à 00 heure.

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posté le 09-01-2014 à 12:30:02

Histoire : qui étaient les combattants africains des deux guerres mondiales ?

Vente saly

L’image des combattants africains des deux guerres mondiales se confond souvent avec celle associée à une célèbre marque de boisson chocolatée. Mais qui étaient-ils réellement ?
Alors que l’on s’apprête à célébrer le centenaire de la Première Guerre mondiale, l’apport considérable des tirailleurs sénégalais à l’armée française au cours du XXe siècle n’est plus contesté. Pourtant, la « force noire » reste mal connue. L’image du tirailleur, qui se confond encore trop souvent avec celle de la réclame pour une marque chocolatée, navigue entre mythe et réalité. Grâce à l’apport de jeunes chercheurs, dont Julien Fargettas, l’historiographie moderne a beaucoup progressé dans la connaissance du quotidien de ces soldats pas tout à fait comme les autres. Qui étaient-ils vraiment ? Quel fut leur rôle dans les conflits qui ont émaillé le XXe siècle ? Décryptage en dix points.

Pourquoi cette appellation ?
Le terme « tirailleur » désigne un « combattant doté d’une certaine liberté de manoeuvre et qui tire en dehors du rang ». Il s’applique aussi bien aux soldats servant comme fantassins, cavaliers ou artilleurs qu’aux auxiliaires, conducteurs et infirmiers. On les qualifie initialement en fonction de leur région d’origine… L’appellation « tirailleurs coloniaux » est utilisée un temps avant que l’expression « tirailleurs sénégalais » s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays à avoir fourni des soldats. Il y eut également des tirailleurs d’Afrique du Nord, algériens et marocains. Ce corps a été créé en 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal sous Napoléon III. Il s’agit alors de formaliser le recrutement local qui existe depuis le XVIIe siècle. En pleine expansion coloniale, la France a besoin de ces soldats pour asseoir ses premiers établissements coloniaux et affermir sa domination sur l’Afrique. Ils sont, au départ, utilisés exclusivement dans le cadre de la conquête coloniale, au sud du Sahara mais aussi au Maroc, en Algérie et à Madagascar.
Étaient-ils recrutés de force ou engagés volontaires ?
À la fin du XIXe siècle, les tirailleurs sont tous des volontaires. Il faut attendre la Première Guerre mondiale pour que commence un processus de conscription. Se met alors en place un système de recrutement « forcé » qui s’appuie sur les élites locales, pourvoyeuses d’hommes.
À quels conflits ont-ils participé ?
Les tirailleurs ont combattu durant les deux conflits mondiaux. Après guerre, ils ont également été engagés en Indochine, en Algérie, à Madagascar, dans le Levant (Syrie, Liban) et même durant la bataille de Suez.
Combien ont combattu ?
Entre 1914 et 1918, 165 229 hommes sont recrutés en Afrique-Occidentale française (AOF), 17 910 en Afrique-Équatoriale française (AEF) et 272 000 au Maghreb. Ils sont présents sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans). Pendant la Seconde Guerre mondiale, au moins 150 000 tirailleurs participent aux combats. En Indochine, un rapport montre que les tirailleurs sénégalais représentaient 18 % du corps expéditionnaire, ce qui est considérable.
Y avait-il des officiers africains ?
Dès la création du corps des tirailleurs, des gradés sont recrutés parmi les élites locales. Ce sont de petits officiers qui jouent un rôle très important de courroie de transmission entre les officiers blancs et les soldats noirs. En 1940, on compte une cinquantaine d’officiers parmi les tirailleurs. Entre 1946 et 1947, une politique d’africanisation des cadres est mise en place. Une école de formation est installée à Fréjus qui instruira de très nombreux officiers, dont beaucoup participeront à l’encadrement des premières armées indépendantes. De rares officiers noirs ont commandé des Blancs dans certains régiments mixtes, à l’instar du capitaine gabonais N’Tchoréré, qui commandait une centaine d’hommes durant la campagne de France en 1940.
Étaient-ils de la « chair à canon » ?
Selon l’historien Julien Fargettas, les statistiques ne permettent pas d’affirmer que les soldats africains auraient été, plus que d’autres corps, envoyés à la mort. En réalité, la polémique de la « chair à canon » remonte à 1917, quand le député du Sénégal Blaise Diagne accusa le général Mangin d’avoir laissé les troupes noires se faire massacrer lors de la bataille du Chemin des Dames. Durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes noires subissent d’importantes pertes, mais essentiellement parce que ce sont des troupes d’élite engagées dans des offensives très difficiles.
Leur doit-on d’importants faits d’armes ?
« Leurs faits d’armes sont très nombreux, il serait très difficile de tous les lister », rappelle Julien Fargettas. Cependant, certaines batailles ont particulièrement marqué les mémoires. Durant la Grande Guerre, les tirailleurs sénégalais se battent sur le front d’Orient, les actuels Balkans, contre l’Allemagne et la Bulgarie. En 1918, ils permettent aux Alliés de remporter une victoire déterminante sur la Bulgarie. Ils sont aussi connus pour avoir repris le fort de Malmaison, tenu par les Allemands, le 23 octobre 1917, ou pour s’être distingués lors de la bataille de Reims.
Comment étaient-ils perçus au sein de l’armée ?
« Il est très étonnant de constater que tout au long de leur histoire les tirailleurs ont été l’objet d’une perception très ambiguë de la part des autres soldats. Chaque fois, on peut retrouver deux camps. Ceux qui les considèrent comme courageux, dévoués, efficaces et qui ne tarissent pas d’éloges sur ces troupes noires. Et ceux, tout aussi nombreux, qui les jugent inefficaces, pas adaptés à la guerre moderne », ajoute Julien Fargettas. En 1917, les Américains aussi voient d’un très mauvais oeil le fait que des Noirs combattent d’égal à égal avec des Blancs. L’armée américaine, qui pratique la ségrégation, va même faire une demande officielle à la France pour qu’elle cesse d’utiliser des forces noires. Objets d’une propagande raciste et violente de la part des Allemands, les tirailleurs ont été victimes de massacres et d’exactions et ont fait l’objet de terribles expériences scientifiques lors de la Seconde Guerre mondiale. Des médecins allemands auraient pratiqué des recherches sur la tuberculose sur des soldats africains.
Comment furent-ils traités à l’issue des deux guerres ?
En 1917, le retour des tirailleurs en Afrique est difficile. « Les soldats noirs ne se contenteront pas de simples promesses », prévient alors Joost Van Vollenhoven, gouverneur de l’AOF. Une fois sur le continent, les soldats doivent faire face à l’administration française et à sa bureaucratie lente et complexe. On leur demande de fournir des documents qu’ils n’ont pas et on rechigne à leur verser pension ou retraite. En 1946-1947, le rapport Delange décrit la situation des anciens combattants africains comme « catastrophique ». Beaucoup sont blessés, mutilés, et ne disposent d’aucune prise en charge. C’est pourquoi on crée localement des offices des anciens combattants qui peuvent nouer des contacts directs avec ces soldats. Et ce d’autant que les autorités françaises ne veulent pas qu’ils restent en métropole, pour des raisons notamment raciales.
Ont-ils été payés ?
Les tirailleurs touchaient une solde moindre que celle de leurs compagnons d’armes métropolitains. Mais c’est surtout la question de leur pension qui a fait couler beaucoup d’encre. Le 26 décembre 1959, dans le contexte des indépendances, un décret a bloqué le montant des pensions, retraites et allocations payées par l’État français. Il faudra attendre un arrêt de 2001 pour que le Conseil d’État condamne l’administration française, accusée de pratiquer « une différence de traitement entre les retraités, en fonction de leur seule nationalité », et 2003 pour qu’il y ait une première revalorisation de retraites et de pensions, versées au titre des années de service pour les engagés. Décidée en 2006, la décristallisation des pensions est effective à compter de janvier 2007. Elle met fin à l’inégalité de traitement entre combattants français et étrangers et profite à environ 30 000 personnes, des anciens soldats et leurs héritiers.
Mémoires à rassembler
Philippe Guionie, photographe, a rencontré plusieurs centaines de tirailleurs de la Seconde Guerre mondiale, réunissant une somme documentée qui mériterait d’être rassemblée dans un livre. Il explique : « Les tirailleurs se racontent très peu. Le souvenir des aspects militaires de leur expérience reste souvent très vivace, mais il est difficile de les faire témoigner sur leur quotidien ou leurs états d’âme. Sur le plan matériel, ils conservent en général leur livret militaire et leurs médailles. Quand ils sont rentrés, ils ont été volontairement mis de côté et oubliés par les consciences nationales. Ils avaient un vécu ailleurs, ils étaient une création du système colonial. »
L’Afrique engagée dans les guerres mondialesMorts pour la France 1914-1918 : au coeur de la Grande Guerre Charles N’Tchoréré : de courage et d’abnégation Guerre 14-18 : deux célèbres inconnus Livres : quand l’Afrique sauvait la FranceFélix Éboué : architecte de la Libération Addi Bâ : l’étoile noire Histoire : qui étaient les combattants africains des deux guerres mondiales ?

Par Leila Silmani | Jeune Afrique |  Jeudi 09 janvier, 2014 02:59

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